En Champagne, un château des 16ème et 18ème siècles, son plan d'eau, son colombier et ses dépendances sur 4,5 ha
Somsois, MARNE champagne-ardennes 51290 FR

Situation

Sur les terres des anciennes marches de l'Empire de Charlemagne, à 2h30 de Paris, 3h30 de Liège et de Bruxelles.
Dans une petite commune, non loin des berges du Der, le plus grand lac artificiel d'Europe classé réserve nationale de chasse et de faune sauvage, soit 4800 hectares d'eau entourés par une forêt domaniale de 5000 hectares.
Site ornithologique de renommée internationale, la grue cendrée, plus grand oiseau sauvage visible en France avec ses deux mètres d'envergure, en est l'oiseau emblématique.

Description

Comme un délicieux secret qui se dissimule aux regards derrière la végétation, la propriété se trouve dans un petit village, au bout d'un chemin communal qui se poursuit ensuite à travers la campagne.
Héritier des anciens domaines agricoles, le domaine est organisé à la manière d'une ferme seigneuriale sur le modèle de la "villa gallo-romaine". Il est d'ailleurs découvert, en 1865, sur les terres du château, un cimetière gaulois, divers objets et ornements.
La propriété s'organise autour d'une vaste cour close par le corps de logis et les communs, un colombier domine l'enceinte et trouve place dans le parc qui s'étend en L en contrebas. Les limites de la propriété sont matérialisées par un étang d'une surface d'environ un hectare, alimenté par des sources naturelles qui jaillissent du coteau. Ingénieusement dessiné, il sinue sur le parc telle une rivière créant un décor poétique qui ouvre sur l'infini et ne se trouve guère perturbé que par l'envol des canards sauvages. Le pont-levis est détruit vers 1760, mais l'accès à l'enceinte est conservé à cet endroit, entre le corps de logis et les communs.
La seigneurie, très bien documentée par de nombreuses archives passe bien évidemment par de multiples propriétaires successifs par héritages ou adjudications mais il se résume en trois phases importantes.
Christophe Lefèbvre, écuyer du roi, reçoit les terres en 1580 suite à un échange. Elles appartiennent à des familles protestantes au début des guerres de religion. Il entreprend d'y faire construire un château. la situation est bien choisie, le site pittoresque et le plan assez bien conçu, mais à peine les matériaux amassés, les craies tirées et les fondations hors de terre, il revend l'emplacement et les matériaux déjà réunis à Jacques de Linage, son beau-père, le 23 janvier 1588. Pourquoi cette transaction ? Très certainement pour raisons politiques. Jacques de Linage est un personnage influent qui tient un office de justice et très proche de la Ligue catholique. Il est possible qu'il en ai reçu une aide substantielle car un mois à peine après son achat, il y reçoit pour quelques jours le Cardinal de Lorraine et son frère, le Duc de Guise.
Le troisième personnage important dans l'histoire du château est Claude du Gretz. Officier ayant fait fortune depuis l'espace colonial des Indes et marié à un bon parti, il acquiert la seigneurie en 1759 et aménage l'ancien château à l'aspect défensif en demeure de plaisance dans le goût néoclassique. Il aménage les jardins, la pièce d'eau (à l'emplacement du cimetière gaulois). C'est au cours des travaux qu'un atelier de faux-monnayeur, creusets et coins est découvert dont l'emplacement est encore visible aujourd'hui. Etait-ce là que les Linage, instruments des Guises, fabriquaient la monnaie qui payait le dévouement à la cause de la Ligue ?

Le château

Placé à la gauche de l'enceinte, le logis se déploie en un grand corps de bâtiment d'un seul niveau, en partie sur caves voutées, en U avec un pavillon d'angle qui le domine d'un étage. La toiture de tuiles plates qui dessine un léger coyau est percée de simples lucarnes en bois qui éclairent le grenier. L'intégrité de la couverture est surveillée, une partie a été récemment remplacée mais il faudra prévoir dans les prochaines années, des tranches de travaux successives pour parvenir à une restauration complète.
Edifiée en craie, les encadrements de portes et des baies légèrement cintrées sont en pierre de taille.
Si la cour d'honneur présente une noble austérité, la façade sur le parc, qui s'élève sur un robuste socle de pierre, s'éclaire d'un parement décoratif en damier savamment ordonné qui alterne la craie et la brique rouge. Outre l'agrément des figures géométriques engendrées, la réfraction différente de la lumière procure des variations constantes en fonction de la course du soleil.
Le perron à double révolution qui occupait la partie centrale est très endommagé mais complet.


Rez-de-chaussée
Le hall d'honneur s'ouvre au centre du bâtiment par une double-porte en chêne ouvragée de fer forgée avec imposte vitrée. Elle est surmontée d'une pierre gravée représentant les armes de Jacques de Linage, gueules au sautoir engrêlé d'or accompagné de quatre fleurs de lys. Les tomettes, usées par les siècles couvrent l'ensemble du hall ainsi que la galerie qui se déploie de part et d'autre jusqu'au deux ailes en retour d'angle. Elle distribue, sur la façade côté parc, un grand salon habillé de boiseries Louis XV, la cheminée en marbre est surmontée d'un portait au pastel du beau-père du propriétaire des lieux au 18ème siècle, son épouse lui faisant face entre les deux fenêtres. Le plancher est en chêne posé à l'anglaise. Une seconde pièce, encadrée de deux antichambres, avec boiseries d'appui et cheminée en marbre. Vient ensuite une pièce entièrement habillée de boiseries sur plancher de chêne posé à l'anglaise, le mur qui fait face à la cheminée en marbre porte la trace d'une immense tapisserie ou toile peinte malheureusement disparue. La suivante présente des boiseries peintes d'un vert foncé majestueux qui encadrent une cheminée à motif floral, le plancher, très abimé, est à points-de-Hongrie. Elle possède également une antichambre dans laquelle se trouve les anciennes latrines. La galerie s'achève devant une imposante porte en plein cintre, dans le pavillon, qui s'ouvre sur un vaste vestibule. Il dessert une pièce avec antichambre, elle porte les vestiges de stucs qui laisse supposer qu'il s'agissait d'une pièce d'apparat ou une noble chambre. En face, la demeure s'achève par deux pièces délabrées probablement anciennes salles des gardes puis probablement par la suite salles des comptes. C'est ici que le régisseur devait opérer la levée des taxes et des impôts en nature et en argent du seigneur. A son opposé, l'aile droite abrite la cuisine et la chambre à four. Le sol est pavé de tomettes, l'imposante cheminée en pierre est fonctionnelle. La cuisine donne accès à la cave voutée en craie ainsi qu'à l'escalier qui mène au grenier. L'office avec passe-plat s'intercale entre la cuisine et la salle à manger, les boiseries à panneaux sont brutes, une niche abritait un poêle en faïence.
Premier étage
Depuis le vestibule du pavillon, un escalier en chêne du 17ème siècle mène au premier étage. Il débouche sur un palier qui distribue une vaste pièce en L très délabrée ainsi que trois chambres dont une avec alcôve et une niche pour le poêle en faïence. Depuis cette dernière, une ravissante porte vitrée de petits carreaux s'échappe vers le grenier où se trouvent deux minuscules chambres de domestiques.

les communs

Ils reprennent le style architectural de la demeure seigneuriale avec un alignement de bandes alternées de briques et de craie. En pans de bois côté cour, les deux bâtiments sont perpendiculaires. Ils se composent d'une vaste grange couverte de tôles et d'une ancienne étable en terre battue couverte de tuiles tige de botte.
Le colombier octogonal en pans de bois avec échelle tournante prend place à l'extérieur de l'enceinte, il est coiffé de tuiles plates et ses 900 boulins témoignent de l'ampleur du domaine originel, on compte habituellement environ deux boulins par hectare.

Ce que nous en pensons

Un témoignage précieux de la montée, aux 17ème et 18ème siècles, d'une nouvelle aristocratie, fondée sur le commerce maritime et non plus sur la propriété terrienne. Un patrimoine échappé du temps de la douceur de vivre, un équilibre subtil d'harmonie de pierre, de verdure et d'eau, aujourd'hui indispensable à sauvegarder.
Ce lieu qui n'aurait peut-être pas contenté les grands bâtisseurs, mais où, très certainement, Jean de La Fontaine en eût fait ses délices. Il est de ces "châteaux littéraires" qui inspirent. Honoré de Balzac aurait pu le décrire, mais ne l'a t'il pas fait finalement ?
"Puis je vis dans un fond les masses romantiques d'un château mélancolique séjour plein d'harmonie, trop graves pour les gens superficiels, chères aux poètes dont l'âme est endolorie. Aussi, plus tard, en aimai-je le silence, les grands arbres chenus, et ce je ne sais quoi mystérieux épandu dans son vallon solitaire".

Vente en exclusivité

430 000 € Honoraires de négociation inclus
400 000 € Honoraires exclus
Forfait de 30 000 € TTC à la charge de l’acquéreur


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Référence 313443

Surface cadastrale 4 ha 52 a 16 ca
Surface du bâtiment principal 520 m2
Nombre de chambres 5
Surface des dépendances 700 m2

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Conseiller
Nord & Ouest Marne et Est de l'Aube


Florence Fornara +33 1 42 84 80 85

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NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

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