En Perche-Gouët, l'antichambre du Ciel :
une église du 12e s. et sa maison champêtre pour un artiste inspiré
Droué, LOIR-ET-CHER centre-val-de-loire 41270 FR

Situation

Au nord du centre de la France, à l’intersection du Perche-Gouët et du Haut Vendômois, à 25 min de la gare de Châteaudun avec liaison directe depuis Austerlitz, à une demi-heure de la gare TGV de Vendôme et à 2h du centre de Paris, Boisseleau, comme son nom l’indique, est une terre boisée et arrosée. En effet, la rivière de l’Egvonne n’est pas loin. Un petit ruisseau clair circule de l’autre côté du chemin. Le hameau situé à la sortie du pittoresque village de Droué étant toujours agricole, des champs s’étalent au-devant.
À quelques kilomètres, la grande forêt de Fréteval invite à la contemplation et aux promenades infinies le long des sentiers sylvestres. À proximité, se trouve une curiosité, nommée la Pierre Cochée. Cette large pierre plate, classée MH, est le plus grand polissoir de France et fut utilisée depuis le Néolithique jusqu’à l’âge du Fer pour l’aiguisage des armes et des outils. Le site présente d'autres importantes pierres mégalithiques attestant d'une tradition spirituelle de plusieurs millénaires à cet endroit particulier.
De même, faisant suite aux lieux sacrés mégalithiques bien visibles dans ce hameau, eux-mêmes réinvestis par les celtes, la communauté religieuse bénédictine s'est installée sur d’anciens lieux de culte druidiques.
Les commerces de bouche, les services de santé et de proximité sont à 10 min à pied le long d’une petite route bucolique.

Description

En sortant du village, une sente montante, bordée de quelques vieilles maisons rafraîchies, mène au vieux portail du jardin de Notre-Dame de Boisseleau. Sur la droite, une grande croix de pierre équarrie ravinée par les intempéries et dorée de soleil, fait face aux pruniers et figuiers, chargés de fruits l’été. La croix indique la sacralisation de l’espace dans lequel pénètre le visiteur.
L'édifice religieux de style roman transformé en atelier d'artiste dans les années 1970 est le principal bâtiment de la propriété. De plan basilical avec une abside en hémicycle, il est couvert, sur ses quelques 250 m², d'une toiture de tuiles de pays. Le tout est en bon état général.
Une maison d'habitation du 18e s. au cœur d'un terrain arboré et fleuri, permet de vivre à côté de ce lieu éminemment inspirant.

L'église

À l’origine, Notre-Dame de Boisseleau dépendait, avec son prieuré bénédictin, des abbesses de l’abbaye de Saint-Avit près de Châteaudun. Ces dames, très instruites, correspondaient notamment avec la célèbre Hildegarde de Bingen. Anciennement attaché à la Règle de Saint Benoît, l'ermitage est tout imprégné d’esthétique.
Juste après dévastations vikings et hongroises qui avaient ruiné la France, dans ces difficultés à vivre, la piété s’exprime à travers l’architecture romane balbutiante. En dépit des conditions de vie indigentes, l'Europe occidentale se pare alors de monuments religieux à tour de bras. Le moine Raoul Galbert écrit ainsi dans une chronique datée d’environ 1048 : « On eût dit que le monde secouait ses haillons pour se couvrir d’une blanche robe d’églises ».
L'équipe des constructeurs ne pouvait probablement pas se référer à un schéma ou des idées véhiculées par les maçons lombards qui se déplaçaient alors au gré des réseaux aristocratiques et ecclésiastiques sensibles aux nouveaux modèles romans. Ainsi, l'église possède tout l’intérêt de l’architecture romane naissante et immaculée dans une région qui n’est pas située dans les grands centres de création.
L'édifice se rattache au premier âge roman. Il est robustement charpenté, présente des séries de voûtements en plein cintre et un plafond en berceau de bois sur la nef qui crée un effet de vastitude sur son sol pavé en quinconce. L’abside en cul de four est éclairée de trois fenêtres à simple ébrasement. L’entrée se fait tout naturellement par le portail occidental.
Trois archivoltes archaïques, formées de pierres carrées en calcaire tendre de la Loire, surmontent le portail occidental encore dépourvu de tympan. Il est flanqué de piliers trapus : les colonnes apparaîtront plus tard. La façade est unie : les seuls décors sont ordonnés par la voussure de l’entrée surmontée d’un grand oculus flanqué de deux fenêtres. La statuaire est encore absente. L’austérité qui pourrait a priori, par l'économie de vocabulaire, imprégner la construction, cède le pas aux pierres ajustées qui affleurent sous l’enduit, à la modestie de la hauteur des ouvertures, au caractère anguleux des voussures en saillie, se superposant en épaisseur aigüe sur les piédroits de moellons équarris. Les contreforts en saillie sur le mur de façade de part et d’autre du portail gauche, sont embryonnaires.
Côté oriental, l’unique abside est éclairée de simples fenêtres cintrées. La toiture conique s’abaisse de ce côté jusqu’au premier tiers de la fenêtre gothique de la partie plus tardive.


Rez-de-chaussée
Une grande transformation s’opère par un agrandissement au nord, comme une extension de transept, probablement vers 1537, date retrouvée sur le tailloir de 2 chapiteaux près du chœur et près de la porte latérale. L'ajout se compose de trois travées pouvant accueillir trois petites chapelles. Leurs hauts gâbles extérieurs sur trois pignons, au style surprenamment dépassé pour la Renaissance, supportent des acrotères en volutes érodées par les tempêtes, des gargouilles à l’apparence encore féroce pour l'époque, et trois hautes fenêtres à meneaux. Ces dernières, géminés à croisillons et en arc brisé, étaient autrefois des vitraux qui, atteints par le temps, ont été remplacés par des vitres.
Premier étage
À la fin du 16e s., l'église perd son titre paroissial qui passe à la chapelle du seigneur de Bourguérin dans le village de Droué. L’édifice est désaffectée en 1908. Il est alors racheté, restauré et rendu au culte en 1912 par le châtelain de Droué, dont une plaque de marbre rapporte que sa mère née Masséna était la fille du prince d’Essling, duc de Rivoli. C’est à cette époque que l’ensemble recouvre son aspect roman en le débarrassant de la cloison formant retable dans le chœur. Aujourd’hui les murs ont gardé la trace des temps révolutionnaires qui virent le bâtiment devenir réserve pour la poudre des armes à feu. Les objets de culte ont été rendus au diocèse quand l’édifice a été désaffecté lors de son dernier rachat en 1972. Depuis lors, une mezzanine d'environ 60 m² dissimule au fond du bâtiment sur deux étages au-dessus de la nef, des espaces de stockage pour des œuvres d’art et un atelier de luthier.
Bâtiment de dépendances
La maison, d’environ 90 m², était une dépendance du prieuré probablement construite au 18e s. Elle a été entièrement aménagée par le père de l’actuel propriétaire au moment de l’acquisition. Chaque niveau fait environ 45 m², la cuisine occupant une surface supplémentaire.
Une modeste entrée sur le côté permet d’accrocher sa veste à côté des toilettes d’invités avant de pénétrer par une porte dissimulée dans le mur lambrissé de la salle de séjour. Celle-ci s’articule en angle autour de la cheminée à insert. D’environ 40 m², elle est éclairée de deux grandes fenêtres à double vitrage installées à la fin du siècle dernier. Les deux baies donne vue sur une petite terrasse bordée de cannisse en bambous, et surmontée d’une tonnelle de raisons noirs au-delà desquels s’étend le potager au chevet de l’église. La pièce donne accès au fond à une cuisine lumineuse et fonctionnelle contigüe à la véranda de bois qui abrite le bûcher et le puits du jardin. Les poutres du plafond, irrégulières et fortes, témoignent de l’ancienneté des lieux. De vastes placards tapissent le mur du fond.
Un escalier dérobé, moderne et en bois, donne accès à l’étage où un palier d’environ 6 m² en angle présente un coin aménagé pour pouvoir faire dormir un enfant. À côté, les chambres d'adultes s’ouvrent sur le palier et sont d'une surface d'environ 15 m². Les toilettes sont séparées et la lumineuse salle de bains de 5 m² est éclairée par une fenêtre au-dessus de la baignoire.
Le chauffage de la maison est assuré d'une manière à la fois efficace et économique par un insert dans la cheminée de la salle de séjour. Huit stères de bois par an suffisent pour chauffer à 21-23 °C toute la maison grâce aux colonnes creusées dans le mur et tapissées de carreaux de faïence.
Jardin
D’environ 1800 m², il entoure l’église et la maison de façon harmonieuse et délimite les espaces de vie : entrée vers l’église, grand terre-plein devant la maison, arrière-plan pour le potager et la vie des nombreux oiseaux, sur une petite terrasse ombragée par une tonnelle de raisins noirs. L’église et la maison encadrent le tout formant équerre. Les fleurs abondent : roses, pavots, dahlias, jonquilles, tulipes, hortensias primevères, bleuets, deux lilas, de la lavande ancienne, glorifient la fertilité de la terre dont l’église se veut protectrice. Deux glycines, dont une blanche à l’entrée de la cuisine, enrobent la véranda et accrochent leurs lourds pétales sur les murs. De multiples fruitiers composent un riche verger et un ensemble arboré : cerisiers, noyers, pêchers, poiriers, pommiers, pruniers, un églantier, un cognassier, un néflier, un arbousier, deux châtaigniers, deux noisetiers, des peupliers et pins sylvestre, un érable, le grand chêne central, côtoient un buddleia - arbre dit "à papillons" - et les abondants framboisiers blancs et rouges qui donnent leurs fruits jusqu’en novembre. Une cabane de jardin est installée dans le potager situé au chevet de l’église, à l’abri des regards.

Ce que nous en pensons

Le temps a passé à Boisseleau ; et pourtant, il semble s'être arrêté. Les mille années de ce que nous avons appelées le Moyen Âge ont insufflé une respiration spirituelle imprégnée d’humanité dans ces murs. Le chemin qui mène de l'ancien portail à l'église affiche déjà un air initiatique. Il y a quelque chose d’hésitant et d’émouvant dans ces murs solides d'imposantes pierres superposées irrégulièrement, métaphores des chemins de vie des générations d'habitants qui s’y succédèrent. Ces lieux sont dévolus aux personnes de paix et de profondeur, chercheuses de la beauté du monde.
Au nord de l’église, la lumière tamisée du jour a favorisé jusqu’au printemps 2022 la créativité de la propriétaire, qui y avait installé entre des rideaux à la façon médiévale, les longues tables de son atelier de peintre, protégées du froid par la chaleur du poêle. Une poésie indéfinissable et particulièrement quiète se dégage des ombrages capricieux qui bordent les clôtures et les chemins.

Vente en exclusivité

440 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


Voir le Barème d'Honoraires

Référence 130686

Surface cadastrale 2180 m2
Surface du bâtiment principal 250 m2
Nombre de chambres 2
Surface des dépendances 90 m2
dont aménagées90 m2

Voir le Diagnostic de Performance Energétique

Conseiller
Pays Dunois


Sixtine de Naurois +33 1 42 84 80 85

contacter

Partager

envoyer à un ami Pinterest linkedin Facebook

NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts et mesurer la fréquentation de nos services. En savoir plus