Dans un village au Nord d'Uzès en position dominante,
un ancien prieuré-cure et sa chapelle du 11e s. à restaurer
Uzès, GARD languedoc-roussillon 30700 FR

Situation

Dans le Gard, au cœur du futur parc naturel régional des garrigues (classées Natura 2000), la propriété surplombe un bourg établi sur le versant méridional d'un pli géologique en lisière du plateau calcaire de Lussan. Elle jouit d'une vue au levant sur le mont Serein, géant de Provence, ainsi qu'au nord et à l'ouest sur un éperon rocheux prisé des parapentistes et sur les vallons où coulent l’Avèze et l’Aiguillon.
Accessible par le sud du village en grimpant une ruelle en direction du nord, la propriété borde une discrète place baptisée de « la vieille église » suggérant la nature de l’édifice au-delà des hauts murs.
Avignon (gare TGV), Nîmes (aéroport et gare TGV) et les grands axes de circulation autoroutiers se trouvent à quarante minutes.

Description

Issue d’une succession de constructions débutées vers l’an mil et achevées au début du 19ème siècle, la propriété affiche côté bourg le visage d’une élégante maison de ville de trois niveaux avec sa large façade recouverte d’anciens enduits de chaux.
La cure est percée de baies alignées de part et d’autre d’une porte piétonnière surmontée d’une clé saillante gravée d’un cœur portant la date de 1819. Elle est accessible par un perron semi-circulaire.
L’élévation méridionale est marquée à l’angle sud-ouest par un contrefort massif, en retrait duquel un bâtiment secondaire d’un seul niveau prolonge la propriété vers le couchant.
Au nord, les constructions sont invisibles de la voie publique qui la contourne en contrebas. Les hautes futaies (cèdre et pins) et la végétation du parc retourné à l’état sauvage forment une dense canopée recouvrant les anciennes restanques dont ne subsistent que quelques segments du mur d’enceinte.
L’élévation ouest affiche une division verticale : d’une part le pignon du bâtiment principal dont le parement de pierre présente la trace d’une voûte semi-segmentaire obstruée (vestige d’un bâti antérieur), et d’autre part un corps secondaire avec son avant-toit à triple génoise. Entre les deux, un long coup de sabre dans la maçonnerie souligne la division entre la cure et le corps formant l’angle nord-ouest. Ce dernier qui possède une couverture distincte versant à l’ouest, surplombe légèrement le corps principal dont les couvertures de tuile canal versent au sud. Cette disposition des bâtiments confère à l’ensemble une allure altière visible de loin, non sans évoquer la possible préexistence à cet endroit d’un castrum en position dominante.
En l’absence d’étude archéologique du bâti, l’hypothèse d’une enceinte seigneuriale est toutefois suggérée par le parcellaire de la propriété, vaste et d’un seul tenant, contrairement au bourg qui l’entoure, caractérisé par une multitude de petites parcelles. Elle est enfin également sous-jacente à la découverte, au cœur des bâtiments, d’une chapelle.
Vraisemblablement édifiée au 11ème siècle, elle jouxte une construction partiellement souterraine bâtie à l’angle nord-est du chevet, qualifiée, sans qu’il soit possible de le confirmer, de « crypte ». Le chevet de la chapelle et l'édifice singulier voisin forment contre le pignon ouest de la cure une cour close de murs contenant au levant l’ancien puits de la propriété accolé à une soue.

La maison du prieur

Si la façade sud témoigne essentiellement des réaménagements réalisés au 18ème siècle et durant le premier quart du siècle suivant, moult éléments d’archives indiquent la présence continue de prieurs à partir du14ème siècle.
En revanche, les lieux meurtris par les guerres de religion n'ont que peu conservé le témoignage de ce passé et, à force de réaménagements successifs, ce souvenir s'est estompé. Le prieuré est en effet intimement lié à la guerre des camisards (entre 1702 et 1704). À la suite de la révolte des villageois envers le prieur du lieu, l'abbé André Cousin, qui s'apprêtait à dénoncer un jeune berger accusé d’hérésie, le chef et prophète des camisards, Jean Cavalier, incendia l'édifice. Les dragons du Roi, appelés en renfort, intervinrent et causèrent des dégâts supplémentaires au bâtiment. L'Évêque d'Uzès imposa par la suite la reconstruction du prieuré enserrant entièrement l'ancienne chapelle au cœur des constructions nouvelles.


Rez-de-chaussée
Après avoir gravi les trois marches du perron, le palier de la cage d’escalier sur rampe à deux volées permet de gagner de part et d’autre les pièces d’habitation de ce niveau. Au levant, une vaste pièce dont la voûte est entièrement recouverte de gypses est éclairée par deux fenêtres au midi dans le renfoncement de l’épaisseur du mur. Les moulures des stucs du début du 19ème siècle prennent l’apparence d’élégantes colonnettes à l’antique encadrant le manteau de la cheminée. Le dallage du sol en pierres d’un bleu sombre permet de se figurer le raffinement du décor intérieur aujourd’hui décati. Dans le prolongement oriental, un couloir, césuré de quelques marches, dessert au nord une salle plus basse et peu éclairée et à l’est la porte d’accès à la cour intérieure.
À l’autre extrémité, deux pièces voûtées en enfilade à l’équerre des précédentes complètent ce niveau. Le décor intérieur est sobre avec un remarquable dallage en bar de gris et une importante cheminée à proximité d’un potager, attestant de l’usage de cette salle comme cuisine et de la pièce en suite comme souillarde. Curiosité du passage entre les deux : une niche bâtie dans l’épaisseur particulièrement importante du mur, évoquant la possible présence d’un puits aujourd’hui entièrement obstrué. Cette partie de l’habitation, logée à l’angle du contrefort, affiche des éléments antérieurs au 19ème siècle, possible vestiges des aménagements du 17ème siècle.
Premier étage
Depuis le rez-de-chaussée, la première volée d'escalier marque un repos d'où une porte permet de gagner la chapelle. La seconde volée conduit au premier étage qui est divisé en plusieurs pièces suivant un plan similaire au niveau inférieur. Les plafonds recouverts de lattis sont de hauteurs généreuses et l'ensoleillement des pièces est assuré par davantage de fenêtres, au midi, au levant et au couchant. Quatre pièces de cet étage possèdent des cheminées, dont l'un d'elle est surmontée d'un élégant trumeau en gypse de facture plus ancienne. Les sols sont recouverts de carreaux de terre cuite ou de dalles de pierres en bon état de conservation.
Depuis le palier, un couloir mène au nord après quelques marches à une terrasse jouissant d'un panorama au couchant sur les premiers monts cévenols, et à travers une ouverture éclairant la nef, d'une vue plongeante à l'intérieur de la chapelle. Le couloir nord dessert également à mi-course, un escalier droit en pierre dont les girons sont recouverts de bois. Il assure l'accès au dernier niveau.
Combles
La volée perpendiculaire à la cage d'escalier permet d'accéder d'une part à une pièce aujourd'hui à l'air libre surplombant la nef effondrée de la chapelle et d'autre part aux pièces sous les combles sud de l'ancienne cure. Un segment de la toiture est de facture récente, conséquence d'une mise en sécurité du bâtiment. Les pièces sont éclairées par des "fenestrous" sous l'avant-toit. Les sols sont recouverts de planchers.

La chapelle et la "crypte"

Construction de plan quadrangulaire prolongée par une abside semi-circulaire, la chapelle est accessible aux quatre points cardinaux : au sud depuis la cage d'escalier de la cure, depuis la grange avec sa porte occidentale, au nord côté parc et enfin par une porte percée dans l'enceinte orientale de l'abside. La nef, jadis recouverte d’une voûte en berceau, est aujourd’hui majoritairement effondrée. La dalle de béton réalisée au 20ème siècle pour lui servir de couverture a malheureusement causé son effondrement. Le chevet, au-delà d’un doubleau l’ayant sauvé le l’éboulement de sa voisine, présente une voûte en cul-de-four à l’appareillage admirable, encore partiellement recouverte d’enduits et de fragments de fresques d’époque baroque. La chapelle jouxte une construction également invisible depuis le domaine public. Sise à l’angle nord-est de la chapelle et contenant deux niveaux recouverts d’une charpente partiellement effondrée, cette construction dialogue de façon singulière avec les autres corps de bâtiment puisqu’elle est l’unique volume disposant d’un niveau excavé. On peut y accéder, soit depuis la chapelle, soit depuis la cure, en empruntant une cour intérieure close de murs. Son soubassement, dont la voûte en berceau est également partiellement éboulée, présente une élévation intérieure nord dont le parement est en partie limousiné en opus spicatum (en épis). Cette technique était couramment utilisée à l’époque Romaine, puis durant le Haut Moyen Âge, notamment dans les murs d'enceintes médiévales et de logis de châteaux en pierre dès le 6ème siècle.

La remise

Volume adjoint à l'ouest du prieuré-cure, la remise est accessible depuis le domaine public et depuis le parc par deux larges portes charretières à anse de panier. Une troisième voie d'accès est celle qui correspond à l'entrée originelle de la chapelle, percée dans le mur occidental et disposant d'un modeste perron. Ce vaste espace est un lieu de passage ; la rue, la chapelle et le parc s’y croisent.

le parc en "restanques"

Tourné vers la garrigue et la vallée de l’Aiguillon qu'il surplombe, le parc clos de murs suit la déclivité septentrionale de la butte sur laquelle il s'étend. Bordé au sud par l'enceinte de la chapelle qui y dispose d'une porte d'accès, il est également ouvert sur la remise. Plus à l'est, les vestiges d'un antique perron à deux volées opposées permettent de gagner la salle au-dessus de la "crypte".
Mère nature y a recouvré sa liberté, les buis et les « monte-aux-cieux » ont profité de ces quartiers libres pour croître à l'ombre d'un cèdre et de pins centenaires.

Ce que nous en pensons

Que la mousse ronge les pierres abattues. Que les vestiges gisent disloqués au gré des vents. Que le parc sommeille dans les profondeurs de la nuit. Il y aura toujours, fût-ce dans les ruines, pour l'Amateur aguerri doublé du visionnaire, le spectacle évocateur et saisissant, qui, pour un regard posé sur une fresque, la caresse d’une pierre taillée, l’odeur du pin brûlant sous ce soleil du midi, le bruissement d’un pas sur les bois morts, ait ses sens en éveil, laissant surgir la secrète attraction de l’homme pour les ruines et l’entreprise d’une merveilleuse redécouverte.
« Post Tenebras Spero Lucem » (en latin, Après les ténèbres, j’espère la lumière) extrait du Livre de Job (17.12) qui inspira la maxime de l’illustre Rome protestante cité de Jean Calvin, prend ici tout son sens. Blessés par les temps cruels de notre histoire, forcés à un oubli moins insupportable, les lieux attendent aujourd’hui qu’une âme suive l’enseignement des Ailantes altissimes peuplant son parc en pointant vers la lumière céleste.

Vente en exclusivité

215 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 811733

Surface cadastrale 2960 m2
Surface du bâtiment principal 557 m2
Nombre de chambres 9
Surface des dépendances 138 m2

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Conseiller
Garrigues d'Uzès et vallée de la Cèze


Joël Rozier +33 1 42 84 80 85

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NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

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