Au Crestet, en lisière du massif des Dentelles de Montmirail,
l’atelier-habitation de Claude et François Stahly, inscrit MH.
Saint-Marcellin-lès-Vaison, VAUCLUSE paca 84110 FR

Situation

Sur le contrefort septentrional des Dentelles de Montmirail, illustre pour ses parois d’escalades, ses vins et ses truffes, au cœur du massif forestier, la propriété est campée sur le versant nord-ouest d'un talweg jouissant de vues remarquables sur la vallée de l'Ouvèze et les montagnes de Nyons. À un jet de pierre du village du Crestet et à quelques lieues au sud de Vaison-la-Romaine. À quarante minutes d’Orange TGV et de l'échangeur A7 et A9 ; à 1h d'Avignon (gare TGV et aéroport).
L'accès à la propriété se fait par son sommet, longé par une route forestière. Le point de vue plongeant permet de découvrir entre les arbres, la cinquième façade de l'atelier-habitation : son dédale de terrasses, véritable jeu de volumes cubistes reliés par des volées d'escaliers offrant une vue imprenable sur la vallée.

Description

Dessinée à la fin des années 60, la propriété est l'aboutissement d'une aventure familiale et artistique menée par Claude et François Stahly (tisserande et sculpteur) et leurs enfants Bruno et Florence Stahly (architectes). Alors installés à Meudon, et devant l'afflux de commandes, les époux Stahly demandent à leurs enfants de leur construire un atelier dans un écrin de nature. Le lieu doit accueillir des sculptures monumentales et des ateliers collectifs. Le projet vient s'inscrire dans la forêt du Crestet, tel un monastère au cœur d'un « désert » au sens cistercien du terme. Celui-ci emploie le langage de son temps en s'inscrivant dans le mouvement brutaliste inspiré de Le Corbusier, caractérisé par l'utilisation du béton et la rigueur de ses formes : ici des volumes simples, des murs de béton recouverts d'enduit. L'œuvre prend alors la forme d'une sculpture habitable.
Plusieurs bâtiments (inscrits depuis 1988 au titre des Monuments Historiques et en cours de classement) sont édifiés afin d'accueillir un important nombre d'artistes :
Les « Hauts du Crestet », atelier-habitation principal, abritant les plus vastes espaces et « les Citernes », pour accueillir des artistes avec une partie d'habitations sommaires et un atelier, tous deux conçus par Bruno Stahly.
Le « Moulin » et une annexe de Florence Stahly (qui ne sont pas inclus dans la vente) complètent le projet en partie orientale du site.
Les lieux voient naître certaines œuvres monumentales de François Stahly à l'instar du Capitol d'Albany, réalisé sur place puis transporté aux États-Unis. En 1973, à la mort de Claude Stahly, le site perd progressivement de son dynamisme. En 1985, les « Haut du Crestet » et « les Citernes » sont cédés au Centre National des Arts Plastiques (CNAP) qui transforme le premier en espace d'exposition.

Les Hauts du Crestet

Pour ce bâtiment, Bruno Stahly a retenu de l'architecture vernaculaire l'organisation des édifices de différentes hauteurs groupés autour d'une cour. Flanqué au nord-ouest, le corps le plus haut abrite du mistral. La construction est implantée dans une clairière jouissant d'une vue sur la vallée et le château du Crestet. Bruno Stahly opère le choix délibéré de mettre à distance le paysage qu’il cadre : une nécessité d'abstraction pour le travail de création. Il en résulte une architecture de forteresse, où les baies sont des brèches structurant les volumes et maitrisant le paysage. Le bâtiment, construit en partie sur un sous-sol et sur un vide sanitaire, émerge de la pente. Il s'organise autour de deux patios, un principal pour les ateliers et un secondaire, plus modeste, pour l'habitation. Le plan, composé à partir du haut du bâtiment, donne une construction introvertie, littéralement tournée sur elle-même.


Terrasse
Les terrasses, qui constituent l'entrée originelle, sont pensées comme un parcours menant à la tour-escalier desservant les trois niveaux. Leurs diverses altitudes, induites par les hauteurs intérieures des pièces, sont reliées par des volées d'escaliers. Le dédale de cubes sculpte un jeu d'ombres et de lumières, contribuant à la sensation d'œuvre habitable. Le paysage est ubiquiste, immense, et dialogue avec les constructions. À l'angle sud-est de ce niveau, un studio indépendant avec son patio fermé. Au nord, sous la plateforme la plus haute, la terrasse se prolonge par une mezzanine intérieure surplombant l'atelier destiné à accueillir les tentures de Claude Stahly.
Rez-de-jardin
Accessible soit depuis la terrasse soit par une rampe d'accès au sud-est, il regroupe les espaces principaux de l'atelier-habitation autour de deux patios. Toutes les pièces sont pensées à l'origine pour communiquer entre elles. La simplicité des volumes est soulignée par un souci du détail illustré notamment par le dessin des huisseries et des serrureries. Les proportions des pièces sont soumises au modulor : système de mesure à l'échelle humaine développé par Le Corbusier. Autour du patio principal, en partie couvert par un auvent, se trouvent la salle à manger, les ateliers et des espaces de stockage. Les hauteurs sous plafonds, importantes dans cette partie du bâtiment, varient dans chaque pièce. Les vues sur le paysage extérieur sont cadrées par d'étroites baies verticales scandant les différents volumes. Elles font entrer le paysage de façon dirigée à la manière de fragments de tableaux. A contrario, de larges baies horizontales coulissantes ouvrent sur le patio, à l'image d'un cloître encadrant un jardin maîtrisé. Les pièces d'habitation rayonnent autour d'un second patio conçu à la façon d'un atrium. L'habitation inclut aujourd'hui une cuisine, deux bureaux, une salle d'eau et une chambre. La réduction des hauteurs sous plafonds contribue à la sensation d'intimité.
Niveau de soubassement
De plain-pied avec la plate-forme béton qui s'étend en bas du bâtiment, ce niveau comprend un garage et des locaux de stockage. Ils sont accessibles depuis les niveaux supérieurs par la cage d'escalier principale.

Atelier-habitation « Les Citernes »

L'atelier-habitation « les Citernes », est situé en haut de la parcelle, en bordure de la route d'accès. Construit sur les citernes, unique accès à l'eau à l'époque du projet, le bâtiment est aujourd'hui très détérioré. Il abritait plusieurs logements sommaires accueillant de artistes qui disposaient également d’un atelier avec terrasse à l'étage face au "Hauts du Crestet" en contrebas.

Les bois et le théâtre de verdure

Une forêt de pins et de chênes entoure la propriété dont la déclivité est importante. Cet environnement sylvestre fut un lieu important de créations et d'installations contemporaines. Un petit théâtre de plein air, en pierres de taille, est adossé à la façade nord-est. La scène est pensée pour se situer soit devant les élévations du grand atelier, support de décors ou de projections de de films, soit au centre de l'amphithéâtre avec le paysage comme toile de fond. Située en zone à risque au niveau des incendie, la parcelle est aujourd'hui en partie déboisée pour assurer la sécurité des bâtiments. Son aménagement paysager permettra de restituer le décor naturel aujourd'hui disparu.

Ce que nous en pensons

Œuvre totale, singulière, écrin brutaliste de l’œuvre de deux figures de l’art investies dans l’échange et la rencontre avec leurs contemporains, l’atelier-habitation Stahly du Crestet tient autant du geste créatif pur que de la nécessité de répondre à un besoin particulier : bâtir ex-nihilo un édifice destiné aux aventures artistiques collectives. Architecture contemporaine dessinée et façonnée alors par le très jeune architecte, Bruno Stahly, pour ses parents, les artistes Claude et François Stahly, l’œuvre n’aura eu de cesse de rassembler à travers les nombreux projets de création qui y furent réalisés depuis sa création en 1966.
« Deus sive Natura » (en latin : « Dieu sinon la nature »), expression de René Descartes, reprise par Baruch Spinoza prend ici un sens particulier par la relation que l’homme et la nature y entretiennent. La nature omniprésente se livre comme un objet de contemplation que le génie humain est parvenu à transfigurer dans un clastre contemporain dédié à l’adoration d’un genre nouveau : celle de l’union de l’art et de l’architecture.
« La nécessité d'une sculpture dépend de sa force d'expression. La nécessité d'une architecture se définit par sa fonction. Les impératifs ne sont pas les mêmes, cependant le terrain de rencontre existe », écrivait François Stahly en 1974. Nul doute que ces lieux, qui appartiennent désormais au patrimoine remarquable du 20ème siècle et qui attendent aujourd’hui un nouveau souffle, en sont les témoins précieux.

Vente en exclusivité

790 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 617954

Surface cadastrale 6 ha 69 a 31 ca
Surface du bâtiment principal 514 m2
Nombre de chambres 2
Surface des dépendances 150 m2
dont aménagées188 m2

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NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

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