Aux portes d’Uzès, un moulin à foulon
et sa maison dans une nature protégée
Uzès, GARD languedoc-roussillon 30700 FR

Situation

Immédiatement bordée au sud par l’Alzon, affluent du Gard qui draine Uzès, et par un espace boisé naturel protégé ; dominée au nord par l’emprise commerciale du Pont-des-Charrettes, hébergeant l’attraction majeure de la région, le Musée du bonbon Haribo.
La propriété a participé à l’essor artisanal d’Uzès au 19e s. Qualifiée de "premier duché de France", la ville, qui a gardé le charme suranné des cités de l’Ancien Régime, est connue pour l’élégance de son palais ducal, ses hôtels particuliers, ses commerces et sa légendaire douceur de vivre. À 40 min de la gare de Nîmes TGV, 50 min de l’aéroport de Nîmes - Garons et d‘Avignon. À défaut d'avoir une gare en activité, Uzès est desservie par un réseau local routier qui la relie à ses voisines Nîmes, Alès, Avignon et Montpellier.

Description

Dans un environnement boisé très protecteur et très protégé, le site, exposé au sud sur la rive gauche de l’Alzon, se caractérise par l’omniprésence de l’eau, témoin de sa vocation passée d’exploitation hydraulique de l’ère préindustrielle. Les édifices du bâti d’origine qui ont subsisté consistent en une importante ruine hors d'eau et une remise plus modeste, auxquels s'ajoute un ancien moulin qui a été transformé en maison d'habitation avec piscine. Les vestiges présents fournissent un précieux témoignage de ce que furent les moulins à foulon (appelés "paradou" ou "parayre" en occitan) dont il existe à peine une dizaine d’exemplaires en fonctionnement aujourd’hui en Europe. Née en Italie au 17e s., la technologie du foulage consistait à battre, à l’aide de puissants maillets actionnés par la force hydraulique, du drap ou tout autre textile imbibé d’argile smectique, pour l'assouplir ; elle constitua une activité prédominante dans la région d'Uzès aux 18e et 19e s.
L’historique des moulins à foulon de l'Uzège est richement documenté et permet de suivre le cours de leurs affectations industrielles. Le premier propriétaire foulonnier du moulin s’installa sous la Restauration, autour de 1825, sur un site probablement déjà exploité au 18e s. Il participa au même titre que les autres foulonniers au grand essor du moulinage de la soie et des métiers de la soirie, dont Uzès était alors la capitale.
Délaissés dans les années 1950, la maison et le moulin à foulon furent vendus à un particulier qui entama une réhabilitation jamais achevée. La maison principale de deux étages, coiffée d’une couverture en tuiles romaines anciennes dans la plus pure tradition provençale, est habitable même si son état général nécessite d'importants travaux. Entièrement répertoriés en zone inondable, les vestiges du moulin ne sont pas reconstructibles.

La maison

D'une surface de 170 m² environ, elle se découvre sous les feuillages d’une longue allée de terre battue. Épousant une pente modérée vers l’Alzon, l'édifice se développe sur un étage, au-dessus d’une cave à voûtement solide.
Les façades nord et ouest conservent l’architecture massive de ce qui semble avoir été une magnanerie ou une maison de foulonnier. Les façades sud et est ouvrent aux étages sur des balcons filants, portés par des piliers de soutènement en pierre de Vers. Les hautes fenêtres et portes-fenêtres qui laissent généreusement pénétrer la lumière révèlent un usage industriel récent.
Deux entrées permettent l’accès à l’intérieur : à l’ouest, au niveau du sol, par un modeste percement surmonté d’un oculus ; et à l’est par quelques marches menant à un perron.


Rez-de-chaussée
Le premier niveau, surélevé dans sa partie septentrionale pour rattraper la pente, comporte une salle de séjour de vaste proportion, une chambre à coucher, une salle d'eau et une cuisine où l’on accède par un perron de facture récente, aménagé en couvrement d’une double arcature bien plus ancienne. D’autres ouvertures permettent l’accès à ce faux rez-de-chaussée. L'entrée dans la salle de séjour s'opère directement par une porte basse surmontée d’un oculus et découvre l’un des attraits de cet intérieur composite : une cheminée en pierre ronronnant sous une solide poutraison.
Premier étage
Distribuées de part et d’autre d’un couloir dont le sol est couvert d’un parquet de pin à lames à l’ancienne, quatre chambres à coucher, leur salle de bain et des toilettes constituent l'étage. Les deux premières, côté levant, ouvrent sur le balcon filant, qui se donne des allures d’interminable terrasse. Les deux autres, côté couchant, s’ouvrent sur la verdure et la nature. Des persiennes en fer façon début de siècle filtrent la lumière d’été et lui donnent une inimitable couleur dorée.

Le moulin

Actuellement à l’état de ruine, il a été mis hors d’eau grâce à une toiture sommaire et des closoirs très rudimentaires en tôle ondulée obturant quelques-unes de ses nombreuses ouvertures. Il a été ainsi sauvé d’un effondrement total et certain.
Édifice unique, témoin de l’âge d’or artisanal du foulonnage, qui connut son heure de gloire dans l’Uzège, le moulin conserve en son intérieur quelques éléments remarquables, telle sa cheminée, qui servait probablement à sécher des textiles ou à préparer quelque mixture secrète destinée à blanchir la réglisse, dernière affectation artisanale connue de ce lieu. Il n’existe plus aujourd’hui en France qu’un seul moulin à fouloir restauré présentant l’aspect qu’il pouvait avoir au début de son activité.

Le parc

S’étirant sur 1,1 ha sur la rive gauche de l’Alzon, il maintient ses nuances de vert tout au long de l’année grâce à l’abondance d’eau.
Les premiers hectomètres de la propriété ont été modelés par l’homme : quelques restanques en pierre sèche sont présentes sur les hauteurs et des passages d’eau, aujourd’hui à sec, se laissent deviner sur la partie basse. De nombreux platanes, tilleuls et autres arbres d'ombrage remémorent la fin du 19e s., grande époque des guinguettes et bords de rivières.
Plus loin, une végétation très dense compose une ripisylve sensible, majoritairement protégée au titre des espaces boisés classés, s’étendant jusqu’à suivre le virage naturel de l’Alzon, sans autre limite de propriété.

Ce que nous en pensons

Cette propriété est celle des défis : elle releva des défis artisanaux et industriels tout au long de son histoire et voici qu’elle arbore aujourd’hui le défi de sa réhabilitation.
Concernant l'habitation, quelques menus travaux d’aménagement, qui viendraient achever l’existant, suffiraient à restituer l’atmosphère chaleureuse et heureuse d’insouciance retrouvée qu’elle a dû connaître dans un récent passé.
La présence des ruines d’un moulin à foulon offre quant à elle des possibilités infinies même si elle nécessite un ambitieux travail d’information. En théorie, rien ne peut être construit sur cet emplacement. Redonner vie au moulin, qui a toujours baigné dans les eaux et vécu grâce à elles, risque donc de demander une bonne dose de persuasion, et de patience. Faire reconnaître le trésor de l’âge industriel dont ce bord de rivière dispose pourrait tout à fait être un projet à soi seul. Qui voudra relever ce moulin magique devra redonner tout son sens à un verbe tombé en désuétude : se fouler .

Vente en exclusivité

330 000 €
Honoraires à la charge du vendeur


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Référence 695496

Surface cadastrale 11854 m2
Surface du bâtiment principal 170.4 m2
Nombre de chambres 4
Surface des dépendances 200 m2

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Conseiller
Garrigues d'Uzès et vallée de la Cèze


Joël Rozier +33 1 42 84 80 85

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NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.

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