Situation
À l’extrême sud-est de la France, là où les Alpes rencontrent la Méditerranée et où la frontière italienne n’est qu’à quelques pas, Menton cultive une situation singulière. À 20 min de Monaco et à 40 min de l’aéroport international de Nice, la ville connaît un climat particulièrement doux, le plus ensoleillé de France, entre jardins luxuriants, cultures d’agrumes et végétation méditerranéenne abondante. Ces caractéristiques lui ont valu le surnom de « perle de la France ». Menton présente deux façades littorales : celle de la vieille ville, construite sur le tracé antique de la voie romaine, et celle de la Belle Époque, lorsque palaces, villas et jardins témoignaient de l’attrait de la région auprès d’une clientèle internationale. Aujourd’hui, la célèbre fête du Citron et son festival de musique classique, casino, marché centenaire et équipements publics participent à l’animation de la ville au fil des saisons.
Description
Ferdinand Bac y a composé une succession de jardins et de scènes paysagères comme autant d’expériences singulières à vivre, expérimenter, de la Bella Vista au jardin de l’Obélisque, du pavillon de Palladio à l’allée de cyprès qui conduit au bassin espagnol. Les références à l’Antiquité, à la Grèce, à l’Espagne, à Venise ou à la Toscane se répondent au fil du parcours, sans jamais dissocier le jardin de l’architecture. Bassins et patios ponctuent ainsi la progression vers le Palazzo, tandis que les vues sur la mer et les paysages italiens inscrivent constamment le domaine dans son environnement, grâce à un jeu de perspectives parfaitement maîtrisé.
L’entrée du domaine est marquée par un imposant portail à double vantail en bois, inscrit dans une large baie cintrée et surmonté d’une grille en ferronnerie. L’ensemble prend place dans une composition maçonnée enduite d’un rouge pompéien, soulignée par des piédroits en pierre claire. Le couronnement, aux lignes courbes, est percé d’un oculus central et ponctué d’éléments décoratifs. Le portail ouvre sur une grande allée ombragée dans l'axe de la façade du couchant, rythmée par des pilastres et un bandeau de marbre aux inscriptions latines. Plusieurs allées conduisent ensuite aux différents espaces du domaine. La fascination de Ferdinand Bac pour le roi Minos a laissé ici sa trace : un lieu aux allures volontairement impériales où l'équilibre subtil est trouvé entre le désir de grandeur et des espaces plus intimistes créés pour le quotidien, notamment avec ses bassins, patios, piscine.
Le Palazzo
En 1919, Émile et Caroline Ladan-Bockairy, couple de mécènes, acquièrent une ancienne bâtisse agricole qui gérait l’oliveraie, déjà bicentenaire, et qui appartenait alors au philosophe Alfred Fouillée pour passer l'hiver. Ils invitent leur ami Ferdinand Bac à venir vivre auprès d'eux. À partir de 1920, ils lui donnent carte blanche pour reconstruire et agrandir la villa, ainsi que pour composer les jardins. La demeure est achevée en 1927, au terme de sept années de travaux titanesques. Le domaine devient alors un lieu de réception fréquenté par les personnalités du monde des arts et des lettres, parmi lesquelles Marcel Proust, Jean Cocteau, Gabriele D’Annunzio et Luis Barragán. Une seconde campagne de travaux est menée par les propriétaires actuels entre 1995 et 2020. La restauration, supervisée par un paysagiste et un architecte en chef des Monuments historiques, avec le soutien du ministère de la Culture permit la restauration globale du lieu mais aussi la modernisation des certains espaces, ainsi que la création d’une piscine de 4 x 15 m, d’un appartement indépendant de 115 m2 et de terrasses supplémentaires de plantes et d’arbres exotiques et semi-tropicales.Le Palazzo est élevé de trois niveaux et s'organise en une succession de salons, chambres, salles de bains et espaces de service. Sa façade, aux enduits rouge ocre caractéristiques, est animée par des baies de formes variées, des volets de bois et des éléments architecturaux inspirés de différentes traditions méditerranéennes. Les toitures de tuiles canal, les loggias et les portiques prolongent cette composition et donnent à l'édifice son caractère méridional. Les vitraux et terrasses multiplient les relations entre les espaces intérieurs et extérieurs. L'architecture prolonge ainsi le principe qui régit l'ensemble du domaine : faire entrer le paysage dans les édifices et ouvrir constamment les espaces de vie vers l'extérieur.
Le rez-de-jardin
Une chambre avec salle de bains côtoie un appartement indépendant composé d'une chambre, d'une salle de bains aménagée dans une abside, d'un salon et d'une terrasse privative tournée vers le « bassin des nénuphars ». Une salle de sport climatisée avec salle de douche, un salon-salle à manger avec cheminée et une cuisine ouverte avec office et buanderie, ainsi qu’un accès de livraison indépendant, jalonnent le reste du niveau. Un monte-plats assure la liaison avec le rez-de-chaussée. Dans le prolongement des espaces intérieurs, la piscine extérieure est bordée d'une plage de détente et de pergolas végétalisées qui ménagent des zones ombragées. Depuis la terrasse, la vue s'étend vers la falaise italienne, la ville de Menton et la Méditerranée, avec les couchers de soleil en perspective.
Le rez-de-chaussée
Accessible au niveau de la ligne de la mer, le « piano terreno » rassemble les principaux espaces de réception du Palazzo. Une suite de peintures murales évoque « Mare nostrum » le long de la distribution. La chambre « Vénitienne », aujourd'hui aménagée en bureau où sont conservées les archives du domaine, est associée à une salle de bains. S’y ajoutent une office, des toilettes et une salle à manger prolongée par une loggia. Depuis cette dernière, la vue se déploie sur la vieille ville de Menton, dans une composition qui fait écho à l'Acropole. Le niveau comprend également un « salon des Fresques » et une salle de musique, agencée dans une abside. Les sols associent carreaux de ciment à motifs et revêtements de pierre ou de marbre. Cheminées de marbre, vitraux, peintures murales et éléments de menuiserie participent à un décor réfléchi dans les moindres détails, où les éléments fonctionnels sur-mesure côtoient les œuvres d’art, à l’image de la serrurerie en fer forgé qui conduit au patio secret à l’extérieur, d'inspiration andalouse : le « jardin d'Homère ».
Le premier étage
Depuis le vestibule, l’escalier monumental, orné de vases en marbre, s’élève entre deux vitraux, sous un somptueux lustre en verre de Murano. Il conduit au « piano nobile » – ou étage noble – organisé autour d’une desserte centrale qui distribue six chambres. Chaque porte ouvre sur un univers différent, comme autant de facettes de la Méditerranée et de ses cultures avec les « chambres Verte, Pampre, Violette, Perroquets, Grecque et Espagnole ». Les décors peints, les boiseries, les carreaux à motifs et les ouvertures composent pour chacune une atmosphère particulière, entre références végétales, architectures anciennes et motifs inspirés de l’Antiquité. Le passage d’une pièce à l’autre renforce encore cette idée de voyage, chaque espace comme une nouvelle évocation, de la Sicile à la Grèce, de Cordoue à Grenade. La chambre Verte constitue l’un des deux ensembles principaux, avec sa propre salle de bains et son oriel. À l’autre extrémité du niveau, la chambre Espagnole forme le second, avec un oriel et une terrasse privative orientée à l’est. Depuis celle-ci, le regard porte sur les falaises italiennes, la piscine et la Méditerranée. La lumière du matin accompagne la vue, tandis que le paysage se transforme au fil de la journée.
La « maison du jardinier »
À l’écart du Palazzo, elle constitue la dépendance la plus éloignée de l’édifice principal. D’une superficie d’environ 85 m², plus modeste, elle a été construite par Ferdinand Bac pour son propre usage. Cette maison témoigne de la manière dont l’artiste concevait son lieu de vie domestique au sein du domaine, dans un rapport direct avec le paysage et une volonté de revenir à l’essentiel. Pour y accéder, un chemin longe la falaise et son balcon, ponctué de jarres et d’aménagements qui ménagent plusieurs haltes, dont « l’autel à Orphée ». La maison occupe une position singulière, avec une vue ouverte sur l’horizon et le domaine. Cette situation lui confère une vue parmi les plus remarquables du domaine et en fait un lieu à part, à la fois intime et ouvert sur le paysage. Établie sur deux niveaux, elle comprend quatre chambres et une terrasse ombragée.Le parc paysager
Il ne se découvre pas comme un jardin à regarder d’un seul point de vue, mais comme un parcours imaginé par le paysagiste. Depuis l’allée de la façade du couchant, un chemin sinueux conduit vers le « jardin du Trompe-l’œil », puis à travers une succession de terrasses et de restanques d’une vingtaine de mètres de profondeur, aux noms tous plus évocateurs les uns que les autres. Bassins, cyprès, citronniers, oliviers et lauriers rythment des espaces où l’eau, la lumière et les lignes de fuite tiennent une place essentielle. Ferdinand Bac joue ici sur les proportions et les effets de profondeur. Les miroirs d’eau reflètent les fabriques, tandis que les écrans végétaux, les sculptures, les colonnes et les arcades ménagent tour à tour des espaces plus retirés et des ouvertures vers la vieille ville de Menton et les paysages environnants. Les bancs, disposés au fil des cheminements, invitent à s’arrêter et à observer les différents tableaux du jardin. Le parcours se poursuit à travers les sous-bois et les allées plantées, ponctués de jeux de perspective. Dans « l’allée des jarres », les pots toscans diminuent progressivement de taille pour créer un effet d’optique qui accentue la profondeur du chemin. Au détour d’une autre allée, « L’Enfant au papillon » introduit une présence sculptée dans la végétation. « L’Obélisque », organisé selon un plan concentrique autour de sa rotonde, permet d’admirer la façade ouest du Palazzo et le jardin d’Homère. Avec son bassin de lotus à ses pieds, il rivalise avec le campanile de la basilique Saint-Michel.Ce que nous en pensons
Une demeure pensée comme une œuvre d’art totale, où l'architecture, les jardins et les décors de Ferdinand Bac composent un ensemble resté intimement lié à l’atmosphère méditerranéenne. L’endroit conserve une dimension domestique qui permet encore d'appréhender la manière dont son créateur avait imaginé les relations entre la maison, les espaces plantés et les lieux de vie. À l'écart de l'agitation du littoral, le domaine forme aujourd'hui un cadre singulier, à la fois résidentiel et ouvert sur de nombreux usages. Son histoire et la cohérence de son architecture en font avant tout une propriété pour qui souhaite préserver et prolonger un ensemble conçu par un artiste passionné par son territoire. Ce haut lieu s’adresse à celui qui saura en percevoir toute la poésie et en révéler les multiples potentialités : demeure familiale, résidence de villégiature, boutique-hôtel ou lieu de réception, autant de manières contemporaines de prolonger l’art de vivre imaginé.
11 500 000 €
Honoraires à la charge du vendeur
Référence 436887
| Surface du bâtiment principal | 545 m² |
| Surface des dépendances | 201 m² |
| Surface cadastrale | 3 ha 18 a 71 ca |
Voir le Diagnostic de Performance Energétique
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.