Situation
Établie dans le sud de la région Occitanie et du département de Haute-Garonne, l'ancienne bastide où se trouve le bien est située à 50 km au sud-ouest de Toulouse, dans le pays du Comminges, région de pâturages et de collines verdoyantes avec comme horizon la chaîne des Pyrénées. Le village compte moins de 300 âmes et se caractérise par un habitat dispersé.
Proche des vallées luchonnaises, le site bénéfice d'une faune et d'une flore préservées des dommages de la modernité. Il est environné de deux parcs naturels importants : celui, national, des Pyrénées et celui, régional, des Pyrénées ariégeoises, respectivement à 20 et 90 km. Enfin, il est à quelque 30 min de Saint-Gaudens et à environ 1 h 15 de Tarbes comme de Pamiers.
Description
Aux 17ᵉ et 18ᵉ s., les évêques continuent à transformer et embellir le palais. Mais la Révolution française changera complètement le destin du bâtiment : le palais est alors déclaré bien national, divisé puis vendu en plusieurs parties. Il tombe progressivement dans l'oubli et se dégrade fortement.
Au 20ᵉ s., des passionnés entreprennent finalement sa sauvegarde. Une restauration importante commence notamment à partir de 1969, puis se poursuit à partir de 1998. Le palais se développe autour de ses espaces historiques et de sa cour, formant un ensemble architectural dont les différentes époques se répondent. Les volumes, les murs anciens et les éléments défensifs ou résidentiels témoignent des transformations successives apportées à l'édifice au fil des siècles.
En son état actuel, l'ancien palais épiscopal, vaste de près de 800 m² et classé monument historique dans son entièreté, comporte notamment, au sein de ses quatre niveaux habitables, plusieurs pièces de réception, une cuisine, cinq chambres, un studio et une salle de méditation. Du côté de son entrée principale, il est bordé d'un jardin et d'un presbytère de trois étages sur rez-de-chaussée et de quelque 210 m², qui comprend une cuisine, une salle à manger, trois chambres, une salle de douche et une de bain, enfin un studio indépendant.
Le palais épiscopal
Édifiée en pierres et haute de trois niveaux sous combles, la bâtisse s'illustre d'abord par l'authenticité de ses maçonneries anciennes, qui témoignent des siècles traversés. L’ensemble bâtimentaire s'organise autour d'un corps central dominé par une imposante tour d'escalier polygonale, véritable signature architecturale du palais. Légèrement en saillie, cette dernière concentre les éléments les plus remarquables de la façade : ouvertures étroites, encadrements en pierre de taille, détails sculptés et, à sa base, un portail monumental gothique flamboyant, reconnaissable à son décor sculpté avec son fameux animal sacré. Dans la partie gauche, la façade est davantage ouverte sur l'extérieur. De grandes baies verticales éclairent les pièces de réception et donnent accès à une terrasse surélevée, bordée d'une balustrade en pierre. Enfin, la seconde tour borne le palais au nord.Le rez-de-chaussée
L’entrée principale est formée par un portail gothique, porte en bois à deux vantaux entièrement encadrée de pierres calcaires. De fines colonnettes, moulures et pinacles sculptés encadrent la composition et s’élèvent jusqu’à un vaste décor ajouré, composé de réseaux de pierre aux motifs flamboyants, de lancettes et de remplages délicatement travaillés. La pièce maîtresse du décor : une imposante sculpture animalière représentant une vache, sculptée en haut-relief dans le calcaire. Elle est représentée de profil, dans une attitude particulièrement expressive, et constitue l'emblème singulier de ce portail. Une première pièce de réception, qui compose le niveau avec ses quelque 100 m², arbore un plafond voûté, des murs en pierres apparentes et un sol de tomettes. Non loin dans la cour, se tient également un atelier de plain-pied.
Le premier étage
Desservi par un escalier en vis monumental, il comprend la cuisine, le salon des prélats, pièce vaste et haute de plafond est habillé d'un plafond à poutres et solives apparentes, sa cheminée monumentale en pierre au manteau sculpté véritable pièce maitresse du salon, un foyer profond et généreux et son sol de larges carreaux en terre cuite. Deux portes-fenêtres accèdent à une terrasse bordée d'une balustrade en pierre. La salle à manger se distingue des autres espaces du niveau par sa cheminée en marbre rouge veiné, sa porte médiévale en bois et son sol de tomettes. La jouxte le salon du dais, deuxième pièce maîtresse du palais, avec plafond à solives et poutres apparentes, parquet marqueté et de larges fenêtres occultables par des volets intérieurs. Les murs sont entièrement habillés de panneaux de bois moulurés, assemblés en grands compartiments rectangulaires encadrés de fines baguettes sculptées. Le sol du salon est revêtu d’un parquet en point de Hongrie, composé de lames de bois massif disposées en chevrons réguliers, dont les extrémités sont taillées en biais et s’assemblent selon un angle précis, formant une succession de lignes brisées parfaitement symétriques.
Le deuxième étage
Accessible via un escalier en bois, une vaste bibliothèque dessert cinq chambres aux atmosphères bien distinctes, chacune ayant préservé des éléments authentiques qui racontent, à leur manière, l’histoire séculaire du palais. Avec leurs proportions généreuses, elles présentent de belles hauteurs sous plafond (d'environ 4 m), des parquets de couleur miel et des cheminées en bois ou en marbre. D’une chambre à l’autre, les perspectives, les tonalités et les éléments architecturaux composent ainsi des univers singuliers, à la fois élégants, chaleureux et empreints de l’âme du lieu. Deux salles d'eau leur sont associées. Enfin, un couloir intime accède à une véranda, qui se prolonge en une terrasse de quelque 40 m² via une grande ouverture en arc, encadrée de pierres anciennes, similaire à une ancienne baie du palais. La terrasse est suffisamment vaste pour servir de salon à ciel ouvert.
Les combles
Accessible par l'escalier en vis, l'espace lumineux qui les compose a été aménagé en un studio aux volumes généreux. L’architecture, volontairement épurée, met en valeur les proportions et le caractère singulier de la pièce.
Un petit escalier mène ensuite au sommet de la tour, où a été installée une salle de méditation, espace intimiste calme et contemplatif.
Le presbytère
Bâti en pierre sur quatre niveaux, enduit et couvert d'une toiture à deux pans de tuiles canal, en harmonie avec ceux du palais, il se trouve à droite au bout du chemin d'entrée dès l'arrivée dans la cour.Au rez-de-chaussée, une cuisine a été aménagée ainsi qu'une salle d'eau et une salle à manger. Longtemps loué, il est à présent libre de toute occupation. Un escalier en bois en colimaçon dessert les trois étages avec, au premier, deux chambres assez sobres, au deuxième, une grande chambre et une imposante salle de bain. Les parquets d'origine ont été conservés dans toutes les pièces à coucher. Au troisième étage, enfin, a été créé un studio de plus de 50 m².
Le jardin
Une fois assainies, les douves d'antan ont laissé place, dans la période moderne de l'histoire de la propriété, à un labyrinthe en graviers de marbre et un délicat potager. Au centre de la parcelle, une grande cour claire et gravillonnée forme l’un des espaces principaux du palais. Elle est entièrement ceinturée par les bâtiments aux toitures de tuiles canal, typiques de l’architecture méridionale. Le dessin du jardin, clos de murs et situé principalement à l'ouest des habitations, est particulièrement intéressant : aux côtés de feuillus et de résineux, des haies basses suivent des formes courbes et régulières, donnant à l'espace un aspect à la fois historique et soigneusement entretenu ; elles cohabitent avec une succession de petits carrés cultivés.Ce que nous en pensons
Au sein de la petite bastide commingeoise dont il occupe le cœur, le palais des évêques est de ces rares lieux qui semblent avoir traversé les siècles sans dommages et même avec avantage. De l'ancienne résidence des évêques de Comminges, le tympan gothique, orné d'un animal héraldique monumental, dit à lui seul tout le caractère, et la valeur régénérée : celle d'un palais patiemment sauvé et restauré, qui a retrouvé peu à peu ses pierres, ses volumes et son âme après avoir connu le faste puis l’abandon. Ici, le patrimoine n’est pas figé, il se ressent et se vit à fleur de roche taillée, de terre cuite et de bois peint.
Une adresse confidentielle et attachante, à l’image d'une région où la beauté prend peu les traits de l’apparat et se découvre dans la profondeur d'une histoire et d'une poésie préservées des atteintes du temps comme de l'oubli.
Référence 137712
| Surface du bâtiment principal | 790 m² |
| Surface des dépendances | 210 m² |
| Surface cadastrale | 3137 m² |
NB: Les informations mentionnées ci-dessus résultent de notre visite sur place, mais également des informations reçues du propriétaire actuel de ce bien. Elles n’ont vocation ni à l’exhaustivité, ni à une stricte exactitude notamment quant aux surfaces relevées ou aux époques de construction. A ce titre, elles ne sauraient engager notre responsabilité.